TEMOIGNAGES

Votre témoignage est précieux. Il peut aider les autres internautes !
Tous les témoignages sont bienvenus (victime, proche de victime, prêtre/ religieux, …)
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Bonjour à toutes et tous,

Bonjour à toutes et tous, suite à l’article dans La Vie du 08/01/2021, je découvre ce site avec tous ces témoignages de personnes abimées, mutilées dans leur corps, dans leur être… dès l’enfance et sont enfermées dans le secret (obligé par l’agresseur, d’inconscience, de protection psychique, de “sauvegarde” de la famille..) pendant des années.
J’ose rajouter le mien.
Peu après la décès de ma grand mère avec qui j’avais un lien très fort, j’ai 11ans, mon grand père me prend sur ses genoux, jusque là, c’est ok, j’aime être sur ses genoux lorsqu’il lit le journal. Sauf qu’il passe sa main sous le tshirt et caresse mes jeunes seins. Sidération. Il me dit qu’il ne fait rien de mal. Plusieurs fois cela se reproduit jusqu’à que je lui dise que ça suffit. Je n’ai rien dit à mes parents, c’est classé anodin en moi.
A 16 ans; je suis amoureuse d’un garçon d’un an de plus que moi et assez vite il me confie les viols et agressions sexuelles qu’il a subit 2 ans auparavant par son oncle, son tuteur… Mariage, j’ai 20 ans, Et me voilà embarquée dans une histoire d’amour où inconsciemment je souhaite l’aider à “guérir” de ses blessures avec tout l’amour que j’ai pour lui…. Sauf que, c’est moi qui devient la personne qui subit les viols… La violence s’installe entre pointillé de temps très sympa qui permettent de croire que tout est possible, la naissance de 3 enfants.
Après 23 ans ensemble, les enfants me formulant qu’ils étaient à bout et moi aussi. Les gendarmes viennent à une violence plus forte mais aucun rapport n’est fait, j’ose demander le divorce. C’était aout 2011. j’ai 3 ados, des emprunts, pas de travail, il a vidé les comptes avant de partir, CMU, RSA, procédure de divorce bien compliquée bien évidemment De plus, nous avons chacun une montagne de post trauma à sortir, à traité… Accompagner mes enfants dans leurs quotidien, orientation, versement de tristesse de colère qui peuvent enfin voir le jour. J’ai porté plainte dès la séparation, classée sans suite. Un sursaut d’air frais d’être libre m’a fait bcp de bien et à la fois, l’énorme peur d’être confronté à lui par surprise est omniprésente et oppressante.
Dépression – hospitalisation
Il n’aura fallu 6 ans pour comprendre que le viol est un crime (prescription 10 ans), c’est plus grave que la violence, je porte plainte une 2e fois, classée sans suite à nouveau… Le dossier est conséquent, je me porte partie civile et après 18 mois d’instruction, Mr est assigné aux Assises…! grand écart de la justice ! C’était fin 2019 et nous attendons une date (02.2021)..
En 2017, j’ai demandé la nullité du mariage au droit canon de l’église et là, pendant l’interrogatoire de 5h, les attouchements du grand père rejaillissent ! Comment vous dire le sursaut ? Comment connaitre le lien, s’il y en a un, avec ma vie de femme ensuite ? Comment avancer avec ce constat ? Comment traverser à nouveau la solitude dans laquelle j’ai été enfant et maintenant encore avec ça ? Qui est prêt à entendre ? J’ai 51 ans et mes parents doutent de ma conscience de ces faits..Comment envisager une autre relation amoureuse ? Mes tentatives avortent et me renvoient à cette image si difficile de me sentir sale, moche, difficile à vivre, hors normes, blessée.
Vendre la maison (du grand père où nous habitions, vider la maison et les souvenirs, énormes chantier tout aussi intérieur.
6 semaines de marche seule, 1300kms, vers Assise en Italie pour respirer, prier et me sentir pleinement vivante.
Accueillir que je suis une victime comme toutes/tous ceux qui ont écris ici. Chemin de croix, long, difficile, tortueux, vertigineux parfois et conscientisé les impacts. Grand heureusement, après avoir travaillé avec plusieurs thérapeutes, j’ai trouvé un psychiatre avec qui ça passe bien, et surtout j’ai Dieu dans ma vie. L’envie de mourir est si souvent présente lorsque le combat pour avancer avec ce gros sac d’histoires meurtrissantes est trop gonflé de présence.
Dépression à nouveau
Comment en parler ? Dès que j’aborde le sujet de ma séparation, beaucoup de personnes mettent en doute mes paroles puis lorsque l’annonce des Assises est arrivée, ces personnes ont eu comme enfin la preuve qu’ en effet, c’était grave et que je disais vrai… Mon réseau social s’est bien rétrécit, c’est trop impensable, inimaginable.. c’est si tabou, sale et dans le milieu catho c’est encore plus délicat… Seul Dieu est mon compagnon de toujours, seul lui connait toutes les scènes, connait mon cœur et mon âme. J’ai osé porter cette histoire en justice car je suis fan de vérité et surtout pour que ces actes s’arrêtent, que mes enfants puissent être “libérés” par la reconnaissance sociale et judiciaire de la violence de leur père qu’ils ont vécu en ricochet.
Le cheminement de la justice est aussi un chemin de croix…Je ne sais pas encore comment je vais gérer la peine qu’encourt Mr (encore de la culpabilité de mettre à jour l’agresseur)cependant je sais que lorsque la lumière de la justice sera faite, j’espère pouvoir fermer ce chapitre et m’émerveiller de la Vie à plein poumons !

Pascaline

On a détruit l’enfance de ma fille.

Je viens témoigner aujourd,hui pour ma fille de 10 ans,dire que je suis fière d’elle de son courage face à la justice.
J’ai porté plainte pour attouchements sur ma fille par son père,la plainte a été classée sans suite faute de preuves.je peux l’entendre,mais 3ans avant la plainte,j’avais alerté assistante sociale sur comportement agressif de ma fille,rougeurs à !’entrejambe quand elle revenait de chez lui,on me dira d’arrêter de ‘en parler…un an avt la plainte ma fille ne voudra plus aller chez lui et cherchera à se faire du mal pour ne plus y aller,je vais alerter juge,et là après une soi-disant enquête sociale,on dira que j’ai un conflit avec le papa et que je n’arrive pas à en protéger ma fille….depuis classement de la plainte,j’essaie de changer les droits de visites en visites dans un lieu sécurisé car ma fille subit des violences psychologiques chez son père,mais là encore on détourné nos paroles ……j’ai eu des sous-entendus que l’on pouvait placer ma fille,tout cela parce que je ne me tais pas ..jamais le mot inceste n’a été prononcé et jamais on ne parle des attouchements… .pour moi tout est fait pour cacher les choses la vérité….j’ai le malheur d’avoir été victime de violences psychologiques pendant 8 ans par le père de ma fille,de ce fait on se sert de cela pour me rendre responsable finalement de toute cette histoire….c’est tellement plus facile..quel rapport avec ce qu’a subi ma fille….ce texte est juste un condensé de plusieurs années de démarches pour essayer de la protéger…seule contre tous…..courage à toutes les victimes ,qui que vous soyez,et surtout ne vous taisez pas,on se bat contre des moulins à vent mais en tant que maman,je refuse de ne pas continuer pour ma fille .

Sabine

Sabine

INCESTE

j’ai aujourd’hui 57 ans et dernièrement j’ai suivi plusieurs séance EMDR pour prendre de la distance avec ce qui m’est revenu il y a quelques années tel un boomerang, on appelle cela une amnésie traumatique ce que je ne savais pas. le commencement : un demi-frère de 10 ans mon aîné, un frère de 17mois de plus que moi qui suis née en 1963, une famille “normale”. Entre mes 5 et 7 ans, mon père doit professionnellement partir en déplacement en semaine pour revenir les vendredis soir. Durant cette période, ce grand frère a abusé de moi, viols, attouchements s’arrangeant pour être seul avec moi. Il me faisait répéter de ne rien dire et au fond de moi je savais que c’était mal, la peur m’habitait. J’ai commencé à bégayer, perdre ma joie de vivre (ma mère me disait que j’étais joyeuse petite), et sur les photos de moi à cette époque mon regard reflète la tristesse. Tout s’est arrêté lorsque mon père a trouvé un emploi à proximité et repris une vie normale rentrant tous les jours. Puis, mon cerveau avait mis ce traumatisme dans une boite pour me permettre d’avancer, ce que j’ai fait, études, travail, mariage, enfants mais toujours mal dans ma peau, anorexie, boulimie l’impression de combler un vide dans mon corps. Jusqu’au jour où à environ 37 ans je consulte des psychiatres pour m’aider dans ma boulimie et anorexie, pour m’en sortir. A réfléchir sur ce trou noir que je ne m’expliquais pas, un jour tout m’est revenu ; le choc ! J’ai enfin compris pourquoi le coussin sur la tête me rendait folle, pourquoi certains actes anodins me mettaient en colère, pourquoi ce mal être. Mon père étant décédé (et c’est tant mieux, il l’aurait massacré), j’en ai parlé à ma mère qui n’a pas compris et a mis en doute mes propos. Double peine….. Aujourd’hui elle est trop âgée…. Ce qui ne l’a jamais empêché de continuer à le voir. De mon côté, je n’ai jamais voulu être la responsable de l’éclatement de la famille mais mon mari, mes filles sont informées. Du fait que mon agresseur soit dans la région Parisienne et moi dans le Sud met de la distance et dans mon fort intérieur, j’attends que ma mère ne soit plus de ce monde pour lui dire yeux dans les yeux que je n’ai pas oublié. Ma grande victoire malgré le traumatisme qui m’a abîmé tant physiquement que psychologiquement, c’est que ma vie est plus belle que la sienne, ma vie sentimentale et professionnelle est mille fois plus réussie que la sienne que je trouve minable. Quand il m’est arrivée de le voir, sa minable vie a déteint sur lui. La thérapie EMDR qui m’a été proposée par le CHU a été efficace et m’a permis de mettre de la distance entre les évènements traumatiques et de créer ma petite zone de bien être dans mon cerveau où je peux me réfugier.

cooki32600

Inceste …

A 9 ans, j ai dit stop !
Car j avais compris que les attouchements de mon grand-père, ses frottements sur moi avec son sexe en érection, ses doigts sous mon pyjama, ma main qu il prenait pour la mettre sur son pénis, n etaient pas normaux , le soir quand nous regardions la télé dans ce canapé avec parfois ma petite cousine aussi …c etait à l epoque chacune notre tour dans cette obscurité où ma grand-mère ne pouvait rien voir vu de son fauteuil…
Tout cela je l ai compris dès lors que mon oncle, son fils, le frère de ma mère, a lui aussi essayer de me caresser un jour d été où les robes légères de ma cousine et moi l avaient probablement excités…ce jour là, j ai fuit, j ai compris, mais je n ai pas pu l empêcher de le faire à ma petite cousine …
Quand mon grand-père a réessayé sur moi ensuite, dans son atelier de bricolage, j ai pu fuire enfin et le laisser dans la peur que je le dénonce à ma mère et ma grand-mère…mais mon message ne fût pas compris …j ai juste pu dire qu il m avait ” embêtée” .
En Cm2, lorsque mon enseignant a essayé de me caresser un midi après la cantine, j ai pu fuire aussi mais je n ai pas pu aider ma copine de l en empecher et je l ai laissée seule avec lui …
Ensuite, des annees de silence …jusqu’au jour où le poids de ce silence est devenu trop lourd à porter …j etais à la fac, je déprimais, je sombrais …
Un ami m’a aidée et m’a poussé à en parler à ma mère pour qui le choc fût rude …puis nous avons protégé ma grand-mère par peur de la tuer de chagrin …toute la famille a fini par être au courant , sauf elle .
Puis après quelques années, on a poussé mon grand-père à tout lui avouer lui-même. Il l’a fait sous la pression.
Puis un jour, je me suis retrouvée face à mon oncle pour lequel je n avais encore rien dit …et tout est sorti, je lui ai rappelé les faits en face à face , sans savoir ce qui allait en découler.
Ce jour la, sa fille, qui n n’était pas née à l epoque de mes agressions, entendit ma colère face à son père…et a enfin avoué à sa mère le soir même qu elle aussi avait été victime de son père pendant des années et victime de mon grand-père aussi …j etais abasourdie, folle de rage à l idee qu’en ayant gardé le silence, j avais permis à ces agresseurs de perdurer leurs actes sur d autres victimes …
Ma colère me poussa à aller porter plainte un soir en sortant de mon travail, sans demander l’avis de quiconque, ça a duré des heures …
Mais hélas, le commissaire n’ a pas fait son travail et j ai attendu des mois qu il me recontacte sans nouvelles …je ne comprenais pas …
C’est lorsque ma cousine est allée aussi porter plainte dans une gendarmerie quelques mois après moi, que nous avons appris par que ma plainte avait été perdue ! Et il a fallu que j y retourne avec le même pour refaire ma déposition.
J etais outrée…
Des annees après, mon oncle est mort en prison.
Par contre, mon grand-père qui avait pris une peine de surcis et du ferme, n’a jamais mis un pied en prison, car soit disant trop vieux et mal en point …il a fini sa vie tranquil dans une maison de retraite avec un bracelet au pied …
Nous n etions pas les seules victimes, nous avons appris ensuite que d autres enfants que ma grand-mère gardait avait subi la même chose des annees avant ma naissance …
Mon oncle a aussi avoué et a aussi déclaré avoir été lui lui-même victime de son père jadis, ainsi que ma mère qui était trop jeune pour s en rappeler…
La parole detruit l illusion de toute une famille mais libère et permet la résilience…elle est indispensable !
Parlez, n’ayez plus peur ni honte …

Stefani

Ne pas dire pour mes parents

À 10 ans, mon frère aîné de 6 ans, soit 16 ans a abusé de moi 3 ou 4 fois, attouchements, et moi aussi je devais le toucher au niveau de son penis. Cela se passait le samedi quand ma mère allait faire les courses, il me demandais de m’allonger sur la moquette entre son lit et le mur.. Plusieurs fois j’ai pleuré pour accompagner ma mère aux courses, elle n’a jamais rien compris.. Seule ma sœur de 3 ans de plus que moi m’a écouté et demandé à mon frère d’arrêter. Fin de l’histoire pour eux, déni de ma part pendant 20 ans, puis à la naissance de mon 2ème enfant, un fils, tout m’est revenu en pleine tronche par des flashs.Depression, envie de suicide. J’en ai parlé avec ma sœur et puis elle m’a confirmé les faits. Depuis, je vis avec, j’en ai parlé avec mon compagnon et des médecins, je suis atteinte de douleurs neuropathique chroniques. Mon médecin algologue, traitement de la douleur m’a aidé à mettre un nom, je suis une survivante. Rien que ce nom m’a fait un bien fou, d’être reconnue. Je ne pense pas que je le dirai à mes parents, je les protège.. Pour mon frère, j’avoue que le jeune homme n’a rien à voir avec celui qu’il est devenu, j’ai peu de contact sincère avec lui, tout est très superficiel et c’est très bien je pense que c’est surtout la non éducation sexuelle du garçon qui est en cause,la religion catholique aussi.Temoigner ce serait aussi un éclatement de notre cellule familiale.. Merci à toutes les personnes qui nous aident sans toujours comprendre mais l’intérêt c’est qu’elles soient là à nos côtés.

Valelec

Quel titre donné à tout cela, il y a tant de mots/maux impactant traumatisant

J’ai été violé par mon frère, j’étais en CM2/6ème. J’ai 53 ans, j’ai déménagé 26 fois, j’ai peur du noir et des portes closes, je n’aime pas les portes en général. J’ai un trou de mémoire de plus de dix ans. Je me rappelle de son sperme dans mon lit, je me rappelle de cet argent qu’il me donnait, je me rappelle de son sexe essayant de me pénétrer, de cette douleur, je me rappelle de ses mots qui me disaient que tout était normal, de ses mains qui me tripotaient, je me vois recroquevillée dans mon grand lit, je me vois apeurée chaque nuit, je sais qu’il y a un truc pas net mais c’est mon grand frère et il a tant de mots qui me font taire et accepter cela. Il m’aime. Jusqu’au jour ou je me réveille, comme si j’avais été sous emprise, lobotomisé, je comprends, j’ai honte, je me sens responsable alors je mène mon combat seule et je me détruis à petit feu de la 6ème jusqu’à mes 25 ans car il ne me viole plus mais il est là, jaloux possessif, il me surveille, je suis toujours sous son emprise. Je commence à sniffer de l’éther, de l’eau écarlate, de fumer des pétards, moitié de 5ème je change de collège et je finis dans un autre. Je vole, je mens, je brûle de l’intérieur. Ma soeur (je ne sais plus si c’est moi qui lui dit) en parle à ma mère mais elle ne me croît pas au début, je fais tellement de conneries alors une de plus, un mensonge de plus… Puis on m’emmène voir un psychiatre dans un hôpital de fou et je me retrouve devant ce mec, un psy con indélicat et ma mère à mes cotés complètement dépassée et larguée. Je vois tous ces malades dans les couloirs, ces plaintes et j’ai peur qu’on me laisse là. Ensuite c’est les psychologues. Mais du côté familial, tout doit rester au placard, ne rien dire à mon père, tout taire, faire comme ci de rien n’était, continuer à vivre. La vie continue, l’autre il est plus là, il fait sa vie, c’est relâche mais moi je continue à me détester, à faire chier tout le monde. J’en prends pour trois ans dans une collège privé, des bonnes soeurs de partout et rien que des gonzesses. Pour un cap de sténo dactylo. A dix huit ans je me casse et je dors à droite à gauche, je fume une quinzaine de pétards par jour, je commence à boire, je m’allonge pour ne pas dormir au froid, je tombe amoureuse aussi mais finalement c’est un mec qui veut me mettre sur le trottoir et je me retrouve enfermée pendant des jours et il me viole à plusieurs reprises. C’est mon beauf qui vient me sortir de là. Je continue à déconner, à provoquer, j’ai une telle haine ! De moi, de l’autre… Je fais quelques tentatives de suicides, plûtot des appels au secours… J’ai un gun dans le tiroir de ma commode. Je prends du lexomil, du tranxène, de l’alcool, des pétards… je me retrouve dans un champ dépenaillée, je sais même pas qui m’a passé dessus… Y’en aurait à raconter…et puis il réapparait, il est marié et il a des enfants. Et il me tabasse parce que je suis pas venue lui dire bonjour en premier. Et puis il me dit qu’il m’aime toujours et encore et qu’il est prêt à quitter sa femme et ses gosses pour vivre avec moi et m’épouser. Je fuis et je fuis toujours. Je suis acculée par la famille qui me dit que je dois pardonner, ça dure des années. Ils ne savent pas tout ce que j’ai subi et ce que je subis encore mentalement. Il a une telle emprise. Et puis un jour je pardonne pour faire plaisir parce que j’en ai marre d’être mise de côté et d’entendre parler du pardon. Et puis un jour je décide de dire stoppe. Je prends la décision de ne pas lui pardonner et je demande à ma famille de ne plus me parler de lui et de ne plus être mis en sa présence. Je coupe les ponts avec tout le monde d’ailleurs pendant un temps. J’en veux tellement à ma mère aussi. Mon père à su ce qu’il s’était passé, j’avais 20 ans et il n’a pas voulu le croire. Il m’a cru il y a 5 ans car il a posé la question à son fils. Il n’a pas été renié de la famille, personne ne lui a cassé la gueule non plus, je n’ai pas porté plainte car ma mère n’a pas voulu dans un premier temps et ensuite j’avais une telle pression de ma mère et d’autres personnes de ma famille que je ne l’ai pas fait. Un jour j’ai voulu mais c’était trop tard, qu’est-ce que j’aurai aimé qu’il soit puni. Je viens de le revoir il y a pas si longtemps que ça pour les 80 ans de mon père et j’ai demandé à ma soeur qu’il ne m’approche pas et qu’il ne me parle pas. Je l’ai revu il y a peu car mon père a eu une grosse intervention chirurgicale et ça c’est pas très bien passé donc j’ai dû faire un aller retour dans sa voiture, tous les deux mais il avait pour consigne “aucun contact” et “rien sur le passé”. J’ai échangé avec lui de choses et d’autres, ça a été épuisant, dur, un combat en moi. Mon père était aux anges de nous voir réuni et ma mère aussi alors j’ai fait semblant, pour eux une fois de plus et il y a deux jours, j’ai dit à ma mère avec qui je me suis réconciliée depuis longtemps, que je n’avais plus peur de lui et que je me sentais assez forte pour être dans la même pièce que lui si c’était nécessaire mais que personnes ne devaient rien me demander de plus.

sabine

enfance volée

bonjour ou bonsoir voilà a ce jour j ai 63 ans ,je suis une enfant de la dddass ,j ai été placée en famille d accueil a la naissance ,nous étions 11 dans cette famille
puis, vers l âge de 7 ans nous étions plus que 3 ,2 garçons ET MOI
LE PERE C EST MIS A ME TRIPOTER ET ME SUCER PARTOUT SURTOUT LA POITRINE
A L école JE DESSINAIS BEAUCOUP ET VERS 10 ANS mes dessins et mes récits était compréhensibles les dessins étaient plus précis, mais j avais un cahier que pour ça le cahier etait caché dans mon casier, je le sortait que, quand les leçons étaient finis, je ne parlais pas, il ne fallait pas que cela se sache,et comme de mon temps c était classe unique du CP au CM2 le cahier restait dans le casier
puis était venu, les caresses pour lui,et il me mettait le doigt dans les fesses j usqu au jour ou j ai saigné;;
j ai osé en parlé a mr le curé après le catéchisme;;car ((le maitre j avais pas confiance surement)) le curé m a dit reste là, il a téléphoné a la Ddass, rien n y a fait,
mais a cause d un vol dans la classe le maitre nous a ordonné ((tous debout les mains sur la tête))et fouille de tout les casiers jai pris peur mais un stress qui m a fait urinée ((envie de pipi))
et là je me suis enfuis de l école ,les gendarmes prévenus m ont retrouvé et mm ont mis en sécurité et comme par Hazard le maitre leur a donné le cahier ;;;;une longue histoire pour moi et trés courte pour lui qui c est suicidé avant le procés et moi je n ai jamais au grand jamais revoulu une famille d accueil j ai été en foyer jusque ma majoritée j ai été bibliothécaire en école mais sa reste a vie surtout quand il n y a pas de proces vous restez victime a vie

michelle

Je suis victime et je n’ai pas a m’en excuser..le problème s’etaient eux!!

Mon frère l’homme de la maison, 5ans plus âges que moi,ma volé l’innocence de mon enfance et l’autre partie fut volé par ma mère…l’un par inceste(de mes 7ans a mes 13ans)l’autre par maltraitance psychologique…la protection de mon frère et le dénigrement,l’accusation de mensonge,la culpabilité,les insultes pour le protéger et puis elle meme se protéger..les proches finissent des fois par vs détruire par leurs réactions/actions/et surtout non actions/réactions…mais ils m’ont volés beaucoup de chose mais pas ma volonté de m’en sortir,ils m’ont pas totalement détruite,j’ai réussit a voir que j’étais plutôt une battante et comprendre finalement que je suis une victime et j’avais pas a m’en excuser ..aujourd’hui je ne suis pas guéri on ne guéri jamais,on garde des cicatrices…mais on avance avec…et surtout on est là et ça c’est déjà un grand courage..

Emma

Pendant des années, j’ai subit les attouchements de mon grand-père

Pendant des années,j’ai subit les attouchements de mon grand-père maternel .Il habitait loin et heureusement ( il habitait en Espagne) mais il venait régulièrement en France .Tous les attouchements et les masturbations que j’ai subit de l’age de 5 ans jusqu’ à 10 ans car il est mort quand j’avais 10 ans ! Cela se passait uniquement en France .Pourquoi ? Je ne le saurais jamais ! J’ai commencé à prendre du poids à l’ age de 6 ans et j’ ai énormément grossit ( obésité morbide ) Actuellement j’ai perdue 44 kg grâce à un régime et une hyperthyroïdie. Je continue de maigrir ( j’ ai eu le declic à presque 50 ans ) je veux reussire à perdre tous mes kilos et prouver que l’ on peut réussir à ce reconstruire malgré le mal qui a été fait !

Lisette

Conjoint

Je vie depuis 5 ans avec une femme “une survivante” qui a etais victime d’inceste pratiqué par son frere pendant 13 ans sur elle. Madame à 7 ans ça définition.
Moi bêtement je ne voulais que voir l’ horreurs des chiffres et des actes sans comprendre qu’elle avait le syndrome de Stockholm.
Alors que des notre première discution elle m’avait dit “j’ai etais violé par mon frere, il ne faut pas lui en vouloir” cela aurait du me faire tilt.
Après lors des réunion de famille elle etais complice en dialogue avec lui, cela me fesais mal. Pourquoi autant d’attachement ! Sur les photos de famille il n’y avait que lui avec elle. Alors que ça. Petite soeur victime comme elle évite tout réunion de familles.
Au bout de 5 ans je comprend mieux quand je vois comment une femme violé ai détruite. Le fait que pour l’inceste qu’il ai des viols (environ deux cent quante mille) a repetition heureusement que le syndrome de Stockholm ce mes en place pour ce reconstruire. ” ou pour survivre” Quand tu vois que le psy trouve comme seul solution dans la thérapie “parlé a votre familles”. Ce que refuse ma femme pour protege sa maman de 80 ans. “Je peux le comprendre” Alors que cette famille n’a rien vue ou voulue voir pendant 13 ans trois fois par jour !
Juste un témoignage d un garçon qui veut reconstruire un femme beaucoup trop taux.
Ps/ désolé pour l orthographe
Stéphane 50 ans

Stéphane

Vers la guérison

J’ai été violée toutes les semaines par un oncle pendant un an à l’âge de 6ans. C’est un vieux garçon de 40 ans mon ainé.
Nous vivions avec mes parents et ma petite soeur quelques temps chez ma grand-mère et cet oncle dans cette grande maison, le temps que mes parents montent leur affaire.
Ils travaillaient très dur jusqu’à très tard, alors il attendait que ma grand-mère soit couchée endormie, et ma soeur bien endormie pour venir dans ma chambre et partait avant que les parents ne soient de retour.
Chaque nuit était une angoisse,son odeur, sa respiration, le poids de son corps me dégoutent encore aujourd’hui. Je ne pouvais rien dire car je savais que mes parents travaillaient dur pour qu’on ait enfin notre chez nous, que maman ne se remettrait jamais de n’avoir rien vu et que papa finirait en prison pour avoir tué ce monstre. C’est aussi pour ça que je m’appliquais à ne rien laisser paraître, rien était plus faux que mon sourir. Puis j’ai fini par me convaincre que si je me laissait faire, il ne toucherait pas ma soeur. Alors mon esprit divaguait pendant ces agressions..
Nous avons enfin déménagé, ça s’est arrêté, quand nous allions visiter grand-mère, je ne lâchais pas ma soeur d’une semelle et restait près de maman. Je sais qu’il nous guettais mais il ne pouvait rien.
Aujourd’hui, 20 ans plus tard, je vis loin de ma famille et ça me va mais je n’accepte pas mon corps, je ne suis pas à l’aise lorsque que mon homme me dit qu’il a envie de moi alors que moi aussi. Du coup je culpabilise. Il m’a un jour tout bêtement demandé si j’avais déjà subit un traumatisme. J’ai avoué à demi mot … Il a essayé de me rassurer en me disant qu’il m’aimait et encouragé à témoigner ici. Mais je culpabilise deux fois plus qu’il se sente triste pour moi, je ne me sens pas à la hauteur de la relation car je me sens anormale , quelque chose est mort chez moi. Je sens que je ne serais jamais la femme qu’il mérite, ni même celle que j’aspire à devenir car cet homme l’a tuée. Il y a quelques semaines, ma soeur m’a avoué qu’il avait aussi abusé d’elle aussi dans notre nouvelle maison quand il savait qu’elle était seule. Encore de la culpabilité…je ne sais pas comment j’ai fait pour imaginer une minute que si je le laissait faire il ne toucherait pas ma soeur et que notre nouvelle maison était un endroit sûr. Un pervers est un pervers il trouvera tous les stratagème possible et imaginable pour assouvir ses pulsions, comme proposer de faire des travaux à la maison pendant que ma soeur était seule…
Ça me dégoute… Une part de moi me dit d’aller consulter une autre me dit que ma vie est déjà brûlée. J’ai mis fin à ma relation parce que rien ne va plus de mon côté depuis que j’ai dit ce qui m’était arrivé. Vivre dans le déni était plus simple mais pas sain, aujourd’hui je dois regarder ma vérité en face et la surmonter, pas de retour en arrière possible. Dans mes bons jours je m’en sens capable mais j’ai encore besoin de courage et de force intérieure. Je me sens essoufflée par la vie à même pas 30 ans, ce qui me retient de partir c’est que je ne veux pas faire de peine à ceux qui m’aiment, ils ne comprendraient pas et que je n’ai pas le cran de passer à l’acte. Aussi, j’exerce un métier qui me permet d’être à l’écoute des autres. M’occuper des autres me fait du bien, je sais trop bien ce que ça fait de se sentir seul malgré soi dans une t-elle situation.
Mais je sais que pour enfin vivre ma vie pour moi, être une bonne mère plus tard, je dois m’occuper de moi et me faire aider. J’ai l’intuition que quelque chose est brisé mais que je pourrais construire quelque chose de nouveau.

Petite Hibiscus

Comment vivre avec sa ?

C’est tellement dure de dire tous ce qu’on a sur le cœur quand on a vécu tellement de chose horrible qui nous hante encore à l’heure d’aujourd’hui.
Commençons par le début….. J’ai grandit dans une famille recomposé ma mère avait déjà eu des enfants avec un autre homme que mon père. J’ai étais la seule enfant de mon père, ma mère a eu 2 filles et trois garçons. Tout à commencé quand j’avais 4 ans ou 5 ans en tous cas j’étais très jeune, mon frère a profité de moi quand je dormais il me toucher les pieds et ce masturber avec.. Il ce frottait contre moi, je l’ai aussi masturber et tous cela a durée jusqu’à mes 14ans.
Jen avais parler à ma mère quand j’étais plus jeune j’avais sûrement 8ans, elle m’a traiter de menteuse et que je ne devais plus jamais parler de sa. J’ai étais très mal, ma propre mère à préférer le croire lui. Donc je n’ai plus jamais reparler de sa et je me suis laisser faire pendant toutes ces années, mon comportement ce dégradé de jours en jours je me sentais seule. J’étais tous le temps stresser, j’ai eu un zona vers 12 ans tellement que je n’étais pas bien. Mais personne ne mais venu en aide !!!!! Ma mère faisais que de me dire que j’étais folle, que j’avais un problème et ma èmenes voir un psychologue pour savoir ce que j’avais. Bien évidemment je n’ai rien dis au psychologue par honte et dégoût envers moi même. Pourquoi parler de tous ce qui c’était passé et prendre le risque qu’on me traite encore une fois de menteuse ou qu’on me juge encore.
J’ai une fois de plus garder tous sa pour moi.
Ma psychologue avait bien vu qu’il y avait quelque chose qui n’aller pas elle a dit à ma mère que le mieux pour moi c’était que je partes d’ici pour un petit moment, que je change d air. Donc je suis aller vivre dans le sud chez ma sœur à 14ans.
Franchement j’ai revis chez elle, je me sentais beaucoup mieux et j’ai eu l’impression de revivre pendant un petit moment. Mais comme on dit le passer nous rattrape toujours et maintenant que j’ai 22ans je ne peux plus vivre avec ça. Je me dégoûte j’ai honte de moi. Je n’en peux plus de penser a sa tous les soirs. Devant tous le monde je garde le sourire mais j’ai mal au cœur je suis brisée en 1000 morceaux et je n’arrive plus à me relever. Je fais un pas en avant et 10 en arrière. Je lui en veux tellement à ma mère nos rapports ce sont de plus en plus dégradé même si de son côtés elle essaye d’être la pour moi. Mais maintenant c’est trop tard c’était quand j’étais plus jeune que j’avais besoin d’elle, je ne pourrai jamais lui pardonner ce qu’elle m’a fait subir pendant toutes ces années. J’ai l’impression que cette douleurs je l’aurai à vie et ces cauchemars je les vivrai éternellement et que rien ne changera. J’ai déjà eu des rapports sexuelles mais à l’heure d’aujourd’hui sa doit faire 2 ans même peut être un peu plus que je ne veux plus que mon copain me touche, je ressens tellement de dégoût et de rancœur. Tous cela me répugne mais c’est plus fort que moi je ressens pas lenvies d’avoir des rapports sexuelle. Mon copain le comprends il fait avec mais combien de temps va til encore tenir ? Il ne me le dit pas forcément mais il doit même m’en vouloir au fond..
Bref j’ai décidé que je ne porterai pas plainte pour autant ce n’est pas de la faiblesse, il est papa a l’heure d’aujourd’hui et je pense à mon neuveu aux autres personnes de ma famille, je n’ai pas envies de tous détruire et faire des histoires. Mais je lui parlerai plus et ne le reverrai plus !! je comptes en parler petit à petit pour me libérer de ce poids que j’ai sur le cœur depuis des années. Je sais que je n’oublierai rien, je devrai vivre toute ma vie avec sa mais je compte bien être forte, essayer d’avancer comme je peux…

Océane.

Oce

Abusé par grand mére

Quand j,avais 9 ans en vacances en hiver chez ma grand-mère un matin j’étais enrhumé je toussait elle m’entendais tousser elle ouvra la porte de chambre me dit je vais soigner ton rhume je ne me doutais de rien à mon âge pour la suite des choses que j,allais subir de ça perversité en revenant elle me dit en rigolant j,ai des popos pour ton rhume je lui dit d,un air inquiet c’est quoi des popos elle se mie à ricaner en me disant des suppositoires elle me dit maintenant tu discute pas et tu laisse mamie m’occuper de toi j, avais peur de son comportement elle me baissa mon slip me coucha sur le dos sur le lit d,une voix bruyante et pas contente ne bouge pas elle déballa un suppositoire me souleva les jambes en l’air avec les fesses qu’elle ouvrit j’étais en pleurs quand elle enfonça le suppositoire elle rentra complètement son doigt avec elle rigolait .je suis resté dans le silence une dizaine d’années je fini par me confié à ma mère qui m,avoua avoir subir des cochonneries quand elle était petite de ça part le temps s’écoula je me suis reconstruit la grand mère perverse mourrut quand j,avais 23 ans ma mère me dit c’est fini pour elle continue ta vie .

F.

Franck

La violence éducative ordinaire : les conséquences de la maltraitance au quotiden

Les personnes que je nommerai mes parents, car ils m’ont donné la vie, l’ont aussi détruite.
J’ai reçu une éducation maltraitante psychologiquement et sexuellement. Je refuse d’entrer dans la haine – qui ne ferait que parachever cette œuvre de destruction – mais je ressens beaucoup de colère. J’aurais dû être une autre personne avec de nombreux potentiels que je n’ai jamais pu développer.
Mes parents sont morts depuis plusieurs années mais ils me hantent toujours.
Mon innocence a été bafouée et nombre de mes capacités mises hors circuit. Ma personnalité a été piétinée avec une constance effrayante durant toute mon enfance et bien au-delà.
J’ai reçu quelques coups violents assenés par un père qui ne maîtrisait pas ses pulsions.
J’ai été regardée comme objet de désir par ce père qui n’a pas su avoir un regard sain sur sa fille. Il me l’a dit un jour – j’avais quinze ans : « Si tu n’étais pas ma fille, je serais un père incestueux ». Propos qui ne veut strictement rien dire mais révèle l’horreur.
On appelle cela un comportement incestuel. Il n’y a pas eu de viol. Je ne sais pas s’il y a eu des attouchements, je ne me souviens pas. J’ai toujours su que son regard sur moi n’était pas pur. Il a trouvé moyen de me tripoter y compris à l’âge adulte sous prétexte de m’embrasser, par affection paternelle bien sûr.
Ma mère a été la complice silencieuse de ce drame. J’ai supposé que c’était plus facile pour elle de fermer les yeux plutôt que de perdre son mari. A moins qu’elle ait réussi à occulter le problème. Mais c’était une femme intelligente et je ne crois pas en son innocence.
Humiliations quotidiennes, dévalorisation systématique, moqueries de préférence devant des tiers…
J’ai vécu un acharnement psychologique totalement destructeur : les injonctions paternelles étaient sans appel et le moindre faux pas traqué. Le moindre écart faisait « déroger ». Le sens d’origine de ce mot, dans la noblesse est : « s’abaisser indignement au-dessous de sa condition, manquer à son rang, à sa dignité ». D’où la déchéance au moindre manquement y compris pour des broutilles : « Tu m’as déçu, je n’aurais jamais cru ça de toi ».
Parce que nous étions des gens « bien », une « bonne famille » paraît-il.
Il fallait être bon en tout : école, sports et arts, adresse manuelle. Il fallait être « parfait », c’était le terme employé. Je n’ai pas été parfaite ; je n’ai pas réussi cet exploit. Et depuis j’ai l’impression que tout ce que je fais, ce que j’entreprends, est nul. Je suis au degré zéro de l’estime de soi.
Il fallait penser, se comporter d’une certaine façon, avoir des goûts très précis, exactement les mêmes que ceux de mon père. La différence n’était pas autorisée. Pas le moindre espace, pas de jardin secret, pas d’opinions divergentes. Rien.
Pas d’intimité non plus : pas d’espace à soi, pas de porte fermée. Il fallait rendre compte de tous ses faits et gestes, justifier de ses absences. Et même s’excuser en cas de réaction d’exaspération face à ce harcèlement.
Harcèlement quotidien, constant, systématique, visant à formater toutes mes pensées, à plier mon esprit à tous ses dictats. Oui j’ai connu Big Brother bien avant d’avoir lu le livre de George Orwell.
Depuis je vis dans la peur, pas que des hommes. La peur dans la vie en général. Tout autour de moi est source de peur. J’ai cru jusque très récemment que c’était normal. C’est ma norme à moi.
Je me souviens que je me sentais terriblement fatiguée même très jeune, alors que je n’avais pas de problèmes de santé. Lassitude, repli sur soi, envie de disparaitre. Se faire toute petite, échapper à l’œil du monstre, au jugement du dictateur.
J’ai compris très récemment que cette fatigue était due aux comportements inappropriés de mon père. Cette fatigue ne m’a jamais quittée, et sont venus s’y ajouter à l’âge adulte tous les maux des personnes qui somatisent : angoisses, migraines, insomnies, dépressions, etc. Je souffre quotidiennement et dans le secret depuis trente ans.
J’ai pris des résolutions, je me suis battue pour changer, oublier, être comme les autres. Je n’ai jamais réussi à soulever la chape de plomb. Certains subissent un plafond de verre, moi c’est une paroi qui m’entoure : transparente mais en verre trempé : derrière les gens évoluent, sereins, apparemment heureux. Pas tout le temps bien sûr, mais ils profitent, s’amusent, ils vivent. Je ne sais pas quelle impression ça fait et j’aimerais bien le découvrir, mais je n’ai pas trouvé de moyen de briser la paroi de verre. Je me contente d’observer et de faire semblant d’être comme les autres pour ne pas me faire remarquer.
Mais aujourd’hui, que faire de plus ? A quoi sert une révolte qui n’a pas de destinataire ?

Prica L'Esterel

L apparence m a tuée…

Ils sont venus me chercher un jour de Juin.On m a expliqué que j avais de la chance car ces gens seraient mes nouveaux parents. Alors du haut de mes presque 6 ans on m a demandé d appeler ces inconnus papa et maman. On m a fait croire que c était pour mon Bien et que je serais bien avec eux…Moi J avais pas envie de quitter ceux qui avaient été mes parents jusque là mais on m a pas demandé mon avis…
C était le jour de mon adoption, et ces gens me mettaient déjà mal à l aise.
Puis j ai tenté de me plier à leurs règles très strictes, J ai essayer de changer pour coller à leurs espérances, J ai connu la violence d une éducation rigide et je vivais dans la peur de mettre ce père si froid et autoritaire en colère…
Je ne saurais dire qd ça a commencé tout s embrouille dans ma tête…Par contre ce que je sais et que je n ai pas oublié, c est qu a leur divorce j zvais 11 ans, les week end et vacances seule chez lui sont tres vite devenus des cauchemards ne laissont plus le moindre doute sur ce qui etait en train de se passer…Je sais que je n ai pas le droit de dire non à ces parents…Aujourd hui ma mémoire est en mille morceaux et j habite dans un brouillard épais qui se dissous par nappe parfois. Ce qui me laisse entrevoir a failli me rendre folle, pourtant je savais…J ai longtemps porté une certaine culpabilité par rapport à l ambivalence de mes sentiments, j ai été si longtemps à la recherche de ses parents qu on avait voulu m idéaliser…La peur de ne pas être crue, moi la gosse de la DDASS perturbée accusant mon père adoptif cadre bancaire si admiré et respecté…Mais aussi la peur que tout ce monde d apparence s effondre…parce que c est ca en fait…jouer la famille parfaite à l extérieur et qd la porte se referme…mais je voulais tellement croire en cette famille parfaite qu on m avais promis.
Alors j ai accepté de vivre dans ce château de carton…
Ça m a détruit, à l age de 20 ans j ai touché le fond, tout est revenu avec tant de violence…il m a fallu de nombreuses années pour me reconstruire et encore aujourd hui mon corps souffre et je ne lui pardonne rien.
Je leur ai écrit un livre pour qu ils puissent lire tt ce qu ils ne veulent pas entendre sans réponse de leur part j ai publié ce livre. L écriture m a fait un bien fou et avec la publication je me suis encore plus détachée de tout ça.
Puis un jour de colère contre ma mère qui ne veut plus me voir depuis qq années et qui n a rien fait qd a l age de 12 ou 13 ans je lui ai raconté le calvaire que je vivais et qui a continué à m envoyé chez lui tte les vacances et les week end je lui ai écrit un message.
Parce qu au fond c est à elle que j en veux le plus…Si J avais su que cette mère était une autruche.
Je vous partage ici ce message cru et volontairement dérangeant mais si authentique.
Tu ne veux donc toujours pas l entendre??
Tu ne veux donc toujours pas en parler?
Tu refuses toujours de me voir? Enfin a part lors des mariages ou on se croise et ou tu fais semblant de me connaître…(C pas comme si on habitait à un quart d heure l une de l autre…)
Tu refuses toujours d assumer que tu as toi aussi ta part de responsabilité?
Mais en fait c quoi ta définition de maman?
Je comprends pas moi, expliques moi.
Explique moi juste pour toi c était quoi le contrat? Je me casse des que ça tourne au vinaigre?? C est ça pour toi une mère???
Je comprends pas…C est pourtant toi qui est venu me chercher? C pourtant toi qui a promis à cette petite fille de 5 ans que tu deviendrais ma mère?
Alors encore aujourd hui tu n as toujours rien compris…Ha ben oui ça doit être vrai alors…ça s apprend pas être une mère…
Tu me trouves dure??
En fait c vrai, c vous qui m avez rendue comme ça…je n étais pas comme ça, et tu le sais bien, et lui aussi d ailleurs. Vous en avez tant profité.
Est ce que tu sais ce que signifie le mot   INCESTE ??
Ha tu veux pas le voir??? Ha il te dérange? Et tu crois que moi je le vis comment???
IL NOUS A VIOLÉ  maman (heu…ça t embête si je t appelle maman? Non parce que j hésites du coup…Je me demande si je me trompe pas)!!!      VIOLÉE
Je parles pas juste d attouchements tu vois…Je parle pas juste de gestes ambigus.
Non en fait je te parle de toutes ces nuits ou j ai du prendre ta place dans son lit.
Tu sais comme c est douloureux pour une petite fille?
Tu sais ce qu il se passe dans la tête d une petite fille qui vit ça nuit après nuit?
Tu veux que je te parle des verres de whisky qu il nous forcaià boire ou des films porno que l on devait regarder alors que pour les autres enfants c était juste l heure du goûter…Tu sais l angoisse que je ressentais alors que je savais qu il était juste en train de préparer sa nuit avec l une de nous?
Je sais pas ce qui est le plus dur à vivre en fait ce que j ai subit ou le fait de l entendre faire la mm chose à ma soeur une nuit sur deux puisque que c était à tour de rôle?
Tu en penses quoi toi? C était quoi le mieux? Quand c était mon tour ou quand c était celui de ma soeur et que j y assistais sans rien pouvoir faire ou dire? Tu connais cette culpabilité la toi?
Et son odeur sur mon corps? Tu la connais toi cette odeur hein? Moi elle me donnait la nausée et envie de vomir a toi aussi ça te faisait ça? Je suppose que pour toi il te semblait moins lourd qu a moi…Ha ben oui c sur hein parce que moi j étais juste une enfant…toi c était ton mari, vous étiez tout les 2 adultes hein…non parce que moi vraiment le poids de son corps m écrasait. J avais l impression de suffoquer, comme si mon coeur s arrêtait…mais c était peut être juste la peur hein? Tu en penses quoi toi? Il était vraiment si lourd que ça?
Et cette façon de fouiller mon corps comme si je n étais rien? Toi aussi maman il te faisait ça mon “papa”? C normal que ça fasse aussi mal?
…Ha ben non j ai pas pu t en parler de suite hein…Je voulais pas t embêter, tu sais t entendre dire que tu allais te foutre dans l Isère parce que tu n en pouvais plus…Je pouvais pas en rajouter une couche, ta vie était tellement dure après le divorce…mais bon j étais contente au moins quand nous étions chez lui 1 week end sur deux et la moitié des vacances scolaires, toi au moins tu te sentais mieux, c était moins difficile, tu n avais pas à nous supporter.
Ha non ne t inquiete pas ca va, pour nous c etait pas difficile nn plu1 week end sur 2 et la moitié des vacances scolaires pour se faire violer
Tu sais c marrant hein parce que quand toi tu parlais de te jeter dans l Isère lui nous sortait son pistolet pendant qu on buvait tranquillement l apéro au whisky tous les 3. Non parce qu il voulait nous dire combien il était malheureux et combien il nous aimait, alors il prenait son pistolet en main tu vois pour nous dire que si les choses devaient changer il serait trop malheureux… Tu l avais déjà vu toi son pistolet? Tu savais qu il en avait un? C impressionnant hein d en voir un en vrai…
Tu veux que je te dise pourquoi je tenais tant que ça a avoir un pyjama grenouillere?
Ben oui tu vois je pensais que ça l empêcherait, je me sentais mieux protégée…mais bon en vrai tu sais les pressions c facile à défaire…
Et tu sais qu il mettait son sexe dans ma bouche? Mais c degeulasse de faire ça! A toi aussi il faisait ça? Bon parce que bon deja sa langue ça me rebutait, en plus l odeur de l alcool je supportais pas…mais son sexe vraiment!!
Et avec ma soeur tu en as parlé? Elle t a dit qu en fait les hémorragies qu elle a fait en pensant que c était ses règles ben du coup c était peut être des fausses couches? Tu crois que c possible toi? Ben oui après tout on peut tomber enceinte a 13 ans…moi j avais tellement peur de ça!!! En fait ça m a tellement angoissée que du coup qd j ai rencontré mon mari et que nous avons voulu des enfants j ai du faire 17 inséminations pour 3 grossesses dont 1 fausse couche… Ha oui excuse moi, je voulais pas te faire de la peine, c vrai j ai eu la chance de pouvoir tomber enceinte, toi tu as du nous adopter…Mais du coup, désolé hein je me pose beaucoup de questions, mais tu crois que ça aurait changé qqchose ? Tu crois que si il nous a fait ça c parce que de toute façon on était pas ces vraies filles…pas de lien de sang, c était pas vraiment un inceste direct hein…C est peut être moins grave en fait. Tu en penses quoi toi?
Bon ben puisqu on en est aux questions…Tu y as vraiment cru quand je t ai dis ce qu il nous faisait? Oui oui je sais tu as appelé le gentil médecin qui nous a posé 3 questions et tu l as  appelé lui…bon c vrai il a rien nié? Mais tu l as cru? Non mais sans blague tu peux me dire la vérité maintenant c du passé hein enfin au moins pour toi hein, parce que bon ben pour moi…Je vis avec ça tout les jours hein et même toutes les nuits. Alors dit moi: Tu nous a cru??
Non parce que du coup je me permets une autre question. quand tu as décidé que les choses étaient réglées et que tu avais mis les choses au point avec lui, et que du coup on pouvait retourner passer un week end sur deux et la moitié des vacances chez lui, tu y croyais vraiment que c était fini?
Non je veux dire c est parce que tu pensais vraiment que notre père nous manquait et que c était important qu on le voit ou c était parce que toi tu n en pouvais plus et tu voulais aussi être tranquille 1 week end sur deux et la moitié des vacances scolaires? Non mais tu peux me le dire maintenant.
Ha mais non c vrai chui bête, j avais oublié!! Excuse moi c vrai en fait tu nous avais expliqué. C était à cause des clauses du divorces et des droits de visites. Tu étais obligé de les respecter sinon tu aurais eu des problèmes. Non t as raison quand mm j exagére je peux pas tout te mettre sur le dos!! Tu as fais ce que tu as pu, t avais pas le choix!
Heu tu as réussi à lire jusque là?? Non parce que je t avoue moi j ai eu du mal à écrire tout ça hein…non tu vois les passages qui parle de viol, de sexe…Je trouve ils sont un peu durs hein…C un peu cru quand mm!!
Et puis j aime pas ces mots! Et d ailleurs j aime pas le sexe…mon mari pourrait t en parler on est sans arret au bord du divorce a cause de ça et pourtant il fait tout pour comprendre…
Tu crois que je suis frigide? Ou juste coincée? C possible tu penses? Je me demande si je suis normale…
Oui donc c vrai je te disais j ai eu du mal beaucoup de mal à écrire tout ça…mais j étais pas sûre que t avais bien compris qd je t ai dit un soir que je voulais plus aller chez papa car il faisait des choses dans mon sexe…
Non toi tu avais compris quoi en fait maman?
Et sinon toi tu vis comment ta vie? Tu te fais suivre par un psy? Tu as besoin de somnifère et de tranquilisant pour affronter tout ça ou bien ça va?

Léa Sovin

Enfance abusée diffusée sur France 2 le 20 novembre 2018

Cliquez sur le lien ci-dessous pour retrouver tous les témoignages dans le documentaire de France 2 intitulé “Enfance abusée” :

https://www.france.tv/france-2/infrarouge/795113-enfance-abusee.html

Andréa, Laurent, Kévin, David, Corinne,Sébastien, Mathilde

La vérité libère !

Le drame de l’inceste ne se limite pas aux actes effroyables subis jour après jour, mois après mois, année après année. Il se poursuit toute la vie avec ce virus qui nous a été inoculé enfant et qui se développe tout au long de notre vie d’adulte à travers d’innombrables séquelles physiques, psychiques, sociales et spirituelles. C’est si lourd, si compliqué, si handicapant… et si caché ! Car nous, les victimes, nous subissons la double peine. Après avoir survécu tant bien que mal à ces années de crimes et de terreur, il nous est demandé de nous taire, d’aller bien, de ne rien montrer, de ne pas déranger. Si l’on prend la parole, on devient coupable ; si l’on se plaint, on nous prie de nous prendre en main et de ne pas regarder en arrière ; si l’on désigne l’agresseur ; on nous martèle qu’il faut pardonner et donc oublier.
Mais le pardon n’est pas l’oubli. Le temps passé n’implique pas le déni de justice. Le regard sur nos blessures ne se confond pas avec un apitoiement sur notre passé mais avec la souffrance de notre présent. Notre lutte pour survivre ne devrait pas nous contraindre à la solitude, au rejet, à l’incertitude…
Quel cauchemar ! Faut-il pour autant désespérer ? Non. Il existe des mains tendues, des clins Dieu sur nos chemins. J’en ai témoigné dans un livre (Je suis un risque de Marie-Philothée Mallais, aux éditions du Cerf) en espérant que cela aiderait d’autres victimes et leur entourage. Il faut parler, dire, expliquer, casser le mur des secrets et des mensonges, car « la vérité vous rendra libre » (Jn 8,32)

Marie-Philothée MALLAIS

Tu pourras toujours compter sur la famille

famille

« Si un jour tout s’écroule autour de toi et que tu n’as plus d’espoir, il y a une chose sur laquelle tu pourras toujours compter, c’est la famille. » Cette phrase qui se voulait structurante et rassurante a finalement signé mon engagement au silence, mon mutisme pendant 10 ans sur ce traumatisme qui dura quatre années, et dont les plaies brulent encore aujourd’hui, 20 ans après.
Cet oncle, admiré de tous pour ses engagements au service des autres, son sens des responsabilités, sa gestion des réunions de famille et son poste à la direction d’une grosse entreprise, m’a dévoilé sa face cachée, manipulatrice, parvenant sans difficulté à faire de moi sa proie, son objet de jouissance, encore et encore.
Il aura fallu puiser une énergie au plus profond de mon être pour grandir avec ces blessures, et découvrir l’Autre dans sa différence, apprendre à apprivoiser son regard sur moi, ses gestes facilement mal interprétables, à redonner peu à peu ma confiance aux hommes d’une façon générale, à vivre avec ces cauchemars qui persistent toujours… Et aujourd’hui, ces questions « Qu’est-ce que je transmets, malgré moi, de ce que j’ai vécu à mes enfants ? », « Comment protéger les miens pour que, jamais, ils ne soient victimes ? » Je fais confiance au temps et au un long travail thérapeutique entamé depuis plusieurs années pour que la colère, véritable volcan en moi, s’apaise et me permette, un jour, de refermer le livre sombre de ce traumatisme.

Charlotte

J’ai perdu en l’espace d’une heure, l’enfance, l’innocence et la foi.

L’écorce du vieux cèdre râpe ma joue droite et sa brûlure me ramène à la vie. J’ai grimpé sans le savoir tout en haut, La septième branche est devenue mon refuge. C’est une des plus hautes, la dernière qui puisse supporter mon poids en pliant sans casser. Les autres sont fragiles, souples ; celle-ci, par une singularité de la nature, est incurvée vers le bas à sa base, près du tronc. Cela lui donne un air de fauteuil, de trône même, modelé pour moi et cette attention particulière dont je suis seule à posséder le secret nous unit dans une complicité aussi mystérieuse que singulière.
C’est un arbre majestueux, un cèdre du Liban, planté au siècle dernier dans une allée qui conduit à la demeure. Il est beau mais ils le sont tous, chacun différent, chacun semblable à l’autre à la fois. Mais lui, le quatrième, le vieux cèdre est particulier. En cette fin d’après midi, il joue de ses branches lentement comme un bercement, comme pour me consoler, donnant à mon cœur meurtri l’espérance d’une vie autre. Il sera à partir de ce jour là l’unique confident de mon malheur, de ce cri muet qui gronde en moi après avoir perdu, en l’espace d’une heure, l’enfance, l’innocence et la foi.

Véronique

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