TEMOIGNAGES

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Comment vivre avec sa ?

C’est tellement dure de dire tous ce qu’on a sur le cœur quand on a vécu tellement de chose horrible qui nous hante encore à l’heure d’aujourd’hui.
Commençons par le début….. J’ai grandit dans une famille recomposé ma mère avait déjà eu des enfants avec un autre homme que mon père. J’ai étais la seule enfant de mon père, ma mère a eu 2 filles et trois garçons. Tout à commencé quand j’avais 4 ans ou 5 ans en tous cas j’étais très jeune, mon frère a profité de moi quand je dormais il me toucher les pieds et ce masturber avec.. Il ce frottait contre moi, je l’ai aussi masturber et tous cela a durée jusqu’à mes 14ans.
Jen avais parler à ma mère quand j’étais plus jeune j’avais sûrement 8ans, elle m’a traiter de menteuse et que je ne devais plus jamais parler de sa. J’ai étais très mal, ma propre mère à préférer le croire lui. Donc je n’ai plus jamais reparler de sa et je me suis laisser faire pendant toutes ces années, mon comportement ce dégradé de jours en jours je me sentais seule. J’étais tous le temps stresser, j’ai eu un zona vers 12 ans tellement que je n’étais pas bien. Mais personne ne mais venu en aide !!!!! Ma mère faisais que de me dire que j’étais folle, que j’avais un problème et ma èmenes voir un psychologue pour savoir ce que j’avais. Bien évidemment je n’ai rien dis au psychologue par honte et dégoût envers moi même. Pourquoi parler de tous ce qui c’était passé et prendre le risque qu’on me traite encore une fois de menteuse ou qu’on me juge encore.
J’ai une fois de plus garder tous sa pour moi.
Ma psychologue avait bien vu qu’il y avait quelque chose qui n’aller pas elle a dit à ma mère que le mieux pour moi c’était que je partes d’ici pour un petit moment, que je change d air. Donc je suis aller vivre dans le sud chez ma sœur à 14ans.
Franchement j’ai revis chez elle, je me sentais beaucoup mieux et j’ai eu l’impression de revivre pendant un petit moment. Mais comme on dit le passer nous rattrape toujours et maintenant que j’ai 22ans je ne peux plus vivre avec ça. Je me dégoûte j’ai honte de moi. Je n’en peux plus de penser a sa tous les soirs. Devant tous le monde je garde le sourire mais j’ai mal au cœur je suis brisée en 1000 morceaux et je n’arrive plus à me relever. Je fais un pas en avant et 10 en arrière. Je lui en veux tellement à ma mère nos rapports ce sont de plus en plus dégradé même si de son côtés elle essaye d’être la pour moi. Mais maintenant c’est trop tard c’était quand j’étais plus jeune que j’avais besoin d’elle, je ne pourrai jamais lui pardonner ce qu’elle m’a fait subir pendant toutes ces années. J’ai l’impression que cette douleurs je l’aurai à vie et ces cauchemars je les vivrai éternellement et que rien ne changera. J’ai déjà eu des rapports sexuelles mais à l’heure d’aujourd’hui sa doit faire 2 ans même peut être un peu plus que je ne veux plus que mon copain me touche, je ressens tellement de dégoût et de rancœur. Tous cela me répugne mais c’est plus fort que moi je ressens pas lenvies d’avoir des rapports sexuelle. Mon copain le comprends il fait avec mais combien de temps va til encore tenir ? Il ne me le dit pas forcément mais il doit même m’en vouloir au fond..
Bref j’ai décidé que je ne porterai pas plainte pour autant ce n’est pas de la faiblesse, il est papa a l’heure d’aujourd’hui et je pense à mon neuveu aux autres personnes de ma famille, je n’ai pas envies de tous détruire et faire des histoires. Mais je lui parlerai plus et ne le reverrai plus !! je comptes en parler petit à petit pour me libérer de ce poids que j’ai sur le cœur depuis des années. Je sais que je n’oublierai rien, je devrai vivre toute ma vie avec sa mais je compte bien être forte, essayer d’avancer comme je peux…

Océane.

Oce

Abusé par grand mére

Quand j,avais 9 ans en vacances en hiver chez ma grand-mère un matin j’étais enrhumé je toussait elle m’entendais tousser elle ouvra la porte de chambre me dit je vais soigner ton rhume je ne me doutais de rien à mon âge pour la suite des choses que j,allais subir de ça perversité en revenant elle me dit en rigolant j,ai des popos pour ton rhume je lui dit d,un air inquiet c’est quoi des popos elle se mie à ricaner en me disant des suppositoires elle me dit maintenant tu discute pas et tu laisse mamie m’occuper de toi j, avais peur de son comportement elle me baissa mon slip me coucha sur le dos sur le lit d,une voix bruyante et pas contente ne bouge pas elle déballa un suppositoire me souleva les jambes en l’air avec les fesses qu’elle ouvrit j’étais en pleurs quand elle enfonça le suppositoire elle rentra complètement son doigt avec elle rigolait .je suis resté dans le silence une dizaine d’années je fini par me confié à ma mère qui m,avoua avoir subir des cochonneries quand elle était petite de ça part le temps s’écoula je me suis reconstruit la grand mère perverse mourrut quand j,avais 23 ans ma mère me dit c’est fini pour elle continue ta vie .

F.

Franck

La violence éducative ordinaire : les conséquences de la maltraitance au quotiden

Les personnes que je nommerai mes parents, car ils m’ont donné la vie, l’ont aussi détruite.
J’ai reçu une éducation maltraitante psychologiquement et sexuellement. Je refuse d’entrer dans la haine – qui ne ferait que parachever cette œuvre de destruction – mais je ressens beaucoup de colère. J’aurais dû être une autre personne avec de nombreux potentiels que je n’ai jamais pu développer.
Mes parents sont morts depuis plusieurs années mais ils me hantent toujours.
Mon innocence a été bafouée et nombre de mes capacités mises hors circuit. Ma personnalité a été piétinée avec une constance effrayante durant toute mon enfance et bien au-delà.
J’ai reçu quelques coups violents assenés par un père qui ne maîtrisait pas ses pulsions.
J’ai été regardée comme objet de désir par ce père qui n’a pas su avoir un regard sain sur sa fille. Il me l’a dit un jour – j’avais quinze ans : « Si tu n’étais pas ma fille, je serais un père incestueux ». Propos qui ne veut strictement rien dire mais révèle l’horreur.
On appelle cela un comportement incestuel. Il n’y a pas eu de viol. Je ne sais pas s’il y a eu des attouchements, je ne me souviens pas. J’ai toujours su que son regard sur moi n’était pas pur. Il a trouvé moyen de me tripoter y compris à l’âge adulte sous prétexte de m’embrasser, par affection paternelle bien sûr.
Ma mère a été la complice silencieuse de ce drame. J’ai supposé que c’était plus facile pour elle de fermer les yeux plutôt que de perdre son mari. A moins qu’elle ait réussi à occulter le problème. Mais c’était une femme intelligente et je ne crois pas en son innocence.
Humiliations quotidiennes, dévalorisation systématique, moqueries de préférence devant des tiers…
J’ai vécu un acharnement psychologique totalement destructeur : les injonctions paternelles étaient sans appel et le moindre faux pas traqué. Le moindre écart faisait « déroger ». Le sens d’origine de ce mot, dans la noblesse est : « s’abaisser indignement au-dessous de sa condition, manquer à son rang, à sa dignité ». D’où la déchéance au moindre manquement y compris pour des broutilles : « Tu m’as déçu, je n’aurais jamais cru ça de toi ».
Parce que nous étions des gens « bien », une « bonne famille » paraît-il.
Il fallait être bon en tout : école, sports et arts, adresse manuelle. Il fallait être « parfait », c’était le terme employé. Je n’ai pas été parfaite ; je n’ai pas réussi cet exploit. Et depuis j’ai l’impression que tout ce que je fais, ce que j’entreprends, est nul. Je suis au degré zéro de l’estime de soi.
Il fallait penser, se comporter d’une certaine façon, avoir des goûts très précis, exactement les mêmes que ceux de mon père. La différence n’était pas autorisée. Pas le moindre espace, pas de jardin secret, pas d’opinions divergentes. Rien.
Pas d’intimité non plus : pas d’espace à soi, pas de porte fermée. Il fallait rendre compte de tous ses faits et gestes, justifier de ses absences. Et même s’excuser en cas de réaction d’exaspération face à ce harcèlement.
Harcèlement quotidien, constant, systématique, visant à formater toutes mes pensées, à plier mon esprit à tous ses dictats. Oui j’ai connu Big Brother bien avant d’avoir lu le livre de George Orwell.
Depuis je vis dans la peur, pas que des hommes. La peur dans la vie en général. Tout autour de moi est source de peur. J’ai cru jusque très récemment que c’était normal. C’est ma norme à moi.
Je me souviens que je me sentais terriblement fatiguée même très jeune, alors que je n’avais pas de problèmes de santé. Lassitude, repli sur soi, envie de disparaitre. Se faire toute petite, échapper à l’œil du monstre, au jugement du dictateur.
J’ai compris très récemment que cette fatigue était due aux comportements inappropriés de mon père. Cette fatigue ne m’a jamais quittée, et sont venus s’y ajouter à l’âge adulte tous les maux des personnes qui somatisent : angoisses, migraines, insomnies, dépressions, etc. Je souffre quotidiennement et dans le secret depuis trente ans.
J’ai pris des résolutions, je me suis battue pour changer, oublier, être comme les autres. Je n’ai jamais réussi à soulever la chape de plomb. Certains subissent un plafond de verre, moi c’est une paroi qui m’entoure : transparente mais en verre trempé : derrière les gens évoluent, sereins, apparemment heureux. Pas tout le temps bien sûr, mais ils profitent, s’amusent, ils vivent. Je ne sais pas quelle impression ça fait et j’aimerais bien le découvrir, mais je n’ai pas trouvé de moyen de briser la paroi de verre. Je me contente d’observer et de faire semblant d’être comme les autres pour ne pas me faire remarquer.
Mais aujourd’hui, que faire de plus ? A quoi sert une révolte qui n’a pas de destinataire ?

Prica L'Esterel

L apparence m a tuée…

Ils sont venus me chercher un jour de Juin.On m a expliqué que j avais de la chance car ces gens seraient mes nouveaux parents. Alors du haut de mes presque 6 ans on m a demandé d appeler ces inconnus papa et maman. On m a fait croire que c était pour mon Bien et que je serais bien avec eux…Moi J avais pas envie de quitter ceux qui avaient été mes parents jusque là mais on m a pas demandé mon avis…
C était le jour de mon adoption, et ces gens me mettaient déjà mal à l aise.
Puis j ai tenté de me plier à leurs règles très strictes, J ai essayer de changer pour coller à leurs espérances, J ai connu la violence d une éducation rigide et je vivais dans la peur de mettre ce père si froid et autoritaire en colère…
Je ne saurais dire qd ça a commencé tout s embrouille dans ma tête…Par contre ce que je sais et que je n ai pas oublié, c est qu a leur divorce j zvais 11 ans, les week end et vacances seule chez lui sont tres vite devenus des cauchemards ne laissont plus le moindre doute sur ce qui etait en train de se passer…Je sais que je n ai pas le droit de dire non à ces parents…Aujourd hui ma mémoire est en mille morceaux et j habite dans un brouillard épais qui se dissous par nappe parfois. Ce qui me laisse entrevoir a failli me rendre folle, pourtant je savais…J ai longtemps porté une certaine culpabilité par rapport à l ambivalence de mes sentiments, j ai été si longtemps à la recherche de ses parents qu on avait voulu m idéaliser…La peur de ne pas être crue, moi la gosse de la DDASS perturbée accusant mon père adoptif cadre bancaire si admiré et respecté…Mais aussi la peur que tout ce monde d apparence s effondre…parce que c est ca en fait…jouer la famille parfaite à l extérieur et qd la porte se referme…mais je voulais tellement croire en cette famille parfaite qu on m avais promis.
Alors j ai accepté de vivre dans ce château de carton…
Ça m a détruit, à l age de 20 ans j ai touché le fond, tout est revenu avec tant de violence…il m a fallu de nombreuses années pour me reconstruire et encore aujourd hui mon corps souffre et je ne lui pardonne rien.
Je leur ai écrit un livre pour qu ils puissent lire tt ce qu ils ne veulent pas entendre sans réponse de leur part j ai publié ce livre. L écriture m a fait un bien fou et avec la publication je me suis encore plus détachée de tout ça.
Puis un jour de colère contre ma mère qui ne veut plus me voir depuis qq années et qui n a rien fait qd a l age de 12 ou 13 ans je lui ai raconté le calvaire que je vivais et qui a continué à m envoyé chez lui tte les vacances et les week end je lui ai écrit un message.
Parce qu au fond c est à elle que j en veux le plus…Si J avais su que cette mère était une autruche.
Je vous partage ici ce message cru et volontairement dérangeant mais si authentique.
Tu ne veux donc toujours pas l entendre??
Tu ne veux donc toujours pas en parler?
Tu refuses toujours de me voir? Enfin a part lors des mariages ou on se croise et ou tu fais semblant de me connaître…(C pas comme si on habitait à un quart d heure l une de l autre…)
Tu refuses toujours d assumer que tu as toi aussi ta part de responsabilité?
Mais en fait c quoi ta définition de maman?
Je comprends pas moi, expliques moi.
Explique moi juste pour toi c était quoi le contrat? Je me casse des que ça tourne au vinaigre?? C est ça pour toi une mère???
Je comprends pas…C est pourtant toi qui est venu me chercher? C pourtant toi qui a promis à cette petite fille de 5 ans que tu deviendrais ma mère?
Alors encore aujourd hui tu n as toujours rien compris…Ha ben oui ça doit être vrai alors…ça s apprend pas être une mère…
Tu me trouves dure??
En fait c vrai, c vous qui m avez rendue comme ça…je n étais pas comme ça, et tu le sais bien, et lui aussi d ailleurs. Vous en avez tant profité.
Est ce que tu sais ce que signifie le mot   INCESTE ??
Ha tu veux pas le voir??? Ha il te dérange? Et tu crois que moi je le vis comment???
IL NOUS A VIOLÉ  maman (heu…ça t embête si je t appelle maman? Non parce que j hésites du coup…Je me demande si je me trompe pas)!!!      VIOLÉE
Je parles pas juste d attouchements tu vois…Je parle pas juste de gestes ambigus.
Non en fait je te parle de toutes ces nuits ou j ai du prendre ta place dans son lit.
Tu sais comme c est douloureux pour une petite fille?
Tu sais ce qu il se passe dans la tête d une petite fille qui vit ça nuit après nuit?
Tu veux que je te parle des verres de whisky qu il nous forcaià boire ou des films porno que l on devait regarder alors que pour les autres enfants c était juste l heure du goûter…Tu sais l angoisse que je ressentais alors que je savais qu il était juste en train de préparer sa nuit avec l une de nous?
Je sais pas ce qui est le plus dur à vivre en fait ce que j ai subit ou le fait de l entendre faire la mm chose à ma soeur une nuit sur deux puisque que c était à tour de rôle?
Tu en penses quoi toi? C était quoi le mieux? Quand c était mon tour ou quand c était celui de ma soeur et que j y assistais sans rien pouvoir faire ou dire? Tu connais cette culpabilité la toi?
Et son odeur sur mon corps? Tu la connais toi cette odeur hein? Moi elle me donnait la nausée et envie de vomir a toi aussi ça te faisait ça? Je suppose que pour toi il te semblait moins lourd qu a moi…Ha ben oui c sur hein parce que moi j étais juste une enfant…toi c était ton mari, vous étiez tout les 2 adultes hein…non parce que moi vraiment le poids de son corps m écrasait. J avais l impression de suffoquer, comme si mon coeur s arrêtait…mais c était peut être juste la peur hein? Tu en penses quoi toi? Il était vraiment si lourd que ça?
Et cette façon de fouiller mon corps comme si je n étais rien? Toi aussi maman il te faisait ça mon “papa”? C normal que ça fasse aussi mal?
…Ha ben non j ai pas pu t en parler de suite hein…Je voulais pas t embêter, tu sais t entendre dire que tu allais te foutre dans l Isère parce que tu n en pouvais plus…Je pouvais pas en rajouter une couche, ta vie était tellement dure après le divorce…mais bon j étais contente au moins quand nous étions chez lui 1 week end sur deux et la moitié des vacances scolaires, toi au moins tu te sentais mieux, c était moins difficile, tu n avais pas à nous supporter.
Ha non ne t inquiete pas ca va, pour nous c etait pas difficile nn plu1 week end sur 2 et la moitié des vacances scolaires pour se faire violer
Tu sais c marrant hein parce que quand toi tu parlais de te jeter dans l Isère lui nous sortait son pistolet pendant qu on buvait tranquillement l apéro au whisky tous les 3. Non parce qu il voulait nous dire combien il était malheureux et combien il nous aimait, alors il prenait son pistolet en main tu vois pour nous dire que si les choses devaient changer il serait trop malheureux… Tu l avais déjà vu toi son pistolet? Tu savais qu il en avait un? C impressionnant hein d en voir un en vrai…
Tu veux que je te dise pourquoi je tenais tant que ça a avoir un pyjama grenouillere?
Ben oui tu vois je pensais que ça l empêcherait, je me sentais mieux protégée…mais bon en vrai tu sais les pressions c facile à défaire…
Et tu sais qu il mettait son sexe dans ma bouche? Mais c degeulasse de faire ça! A toi aussi il faisait ça? Bon parce que bon deja sa langue ça me rebutait, en plus l odeur de l alcool je supportais pas…mais son sexe vraiment!!
Et avec ma soeur tu en as parlé? Elle t a dit qu en fait les hémorragies qu elle a fait en pensant que c était ses règles ben du coup c était peut être des fausses couches? Tu crois que c possible toi? Ben oui après tout on peut tomber enceinte a 13 ans…moi j avais tellement peur de ça!!! En fait ça m a tellement angoissée que du coup qd j ai rencontré mon mari et que nous avons voulu des enfants j ai du faire 17 inséminations pour 3 grossesses dont 1 fausse couche… Ha oui excuse moi, je voulais pas te faire de la peine, c vrai j ai eu la chance de pouvoir tomber enceinte, toi tu as du nous adopter…Mais du coup, désolé hein je me pose beaucoup de questions, mais tu crois que ça aurait changé qqchose ? Tu crois que si il nous a fait ça c parce que de toute façon on était pas ces vraies filles…pas de lien de sang, c était pas vraiment un inceste direct hein…C est peut être moins grave en fait. Tu en penses quoi toi?
Bon ben puisqu on en est aux questions…Tu y as vraiment cru quand je t ai dis ce qu il nous faisait? Oui oui je sais tu as appelé le gentil médecin qui nous a posé 3 questions et tu l as  appelé lui…bon c vrai il a rien nié? Mais tu l as cru? Non mais sans blague tu peux me dire la vérité maintenant c du passé hein enfin au moins pour toi hein, parce que bon ben pour moi…Je vis avec ça tout les jours hein et même toutes les nuits. Alors dit moi: Tu nous a cru??
Non parce que du coup je me permets une autre question. quand tu as décidé que les choses étaient réglées et que tu avais mis les choses au point avec lui, et que du coup on pouvait retourner passer un week end sur deux et la moitié des vacances chez lui, tu y croyais vraiment que c était fini?
Non je veux dire c est parce que tu pensais vraiment que notre père nous manquait et que c était important qu on le voit ou c était parce que toi tu n en pouvais plus et tu voulais aussi être tranquille 1 week end sur deux et la moitié des vacances scolaires? Non mais tu peux me le dire maintenant.
Ha mais non c vrai chui bête, j avais oublié!! Excuse moi c vrai en fait tu nous avais expliqué. C était à cause des clauses du divorces et des droits de visites. Tu étais obligé de les respecter sinon tu aurais eu des problèmes. Non t as raison quand mm j exagére je peux pas tout te mettre sur le dos!! Tu as fais ce que tu as pu, t avais pas le choix!
Heu tu as réussi à lire jusque là?? Non parce que je t avoue moi j ai eu du mal à écrire tout ça hein…non tu vois les passages qui parle de viol, de sexe…Je trouve ils sont un peu durs hein…C un peu cru quand mm!!
Et puis j aime pas ces mots! Et d ailleurs j aime pas le sexe…mon mari pourrait t en parler on est sans arret au bord du divorce a cause de ça et pourtant il fait tout pour comprendre…
Tu crois que je suis frigide? Ou juste coincée? C possible tu penses? Je me demande si je suis normale…
Oui donc c vrai je te disais j ai eu du mal beaucoup de mal à écrire tout ça…mais j étais pas sûre que t avais bien compris qd je t ai dit un soir que je voulais plus aller chez papa car il faisait des choses dans mon sexe…
Non toi tu avais compris quoi en fait maman?
Et sinon toi tu vis comment ta vie? Tu te fais suivre par un psy? Tu as besoin de somnifère et de tranquilisant pour affronter tout ça ou bien ça va?

Léa Sovin

Enfance abusée diffusée sur France 2 le 20 novembre 2018

Cliquez sur le lien ci-dessous pour retrouver tous les témoignages dans le documentaire de France 2 intitulé “Enfance abusée” :

https://www.france.tv/france-2/infrarouge/795113-enfance-abusee.html

Andréa, Laurent, Kévin, David, Corinne,Sébastien, Mathilde

La vérité libère !

Le drame de l’inceste ne se limite pas aux actes effroyables subis jour après jour, mois après mois, année après année. Il se poursuit toute la vie avec ce virus qui nous a été inoculé enfant et qui se développe tout au long de notre vie d’adulte à travers d’innombrables séquelles physiques, psychiques, sociales et spirituelles. C’est si lourd, si compliqué, si handicapant… et si caché ! Car nous, les victimes, nous subissons la double peine. Après avoir survécu tant bien que mal à ces années de crimes et de terreur, il nous est demandé de nous taire, d’aller bien, de ne rien montrer, de ne pas déranger. Si l’on prend la parole, on devient coupable ; si l’on se plaint, on nous prie de nous prendre en main et de ne pas regarder en arrière ; si l’on désigne l’agresseur ; on nous martèle qu’il faut pardonner et donc oublier.
Mais le pardon n’est pas l’oubli. Le temps passé n’implique pas le déni de justice. Le regard sur nos blessures ne se confond pas avec un apitoiement sur notre passé mais avec la souffrance de notre présent. Notre lutte pour survivre ne devrait pas nous contraindre à la solitude, au rejet, à l’incertitude…
Quel cauchemar ! Faut-il pour autant désespérer ? Non. Il existe des mains tendues, des clins Dieu sur nos chemins. J’en ai témoigné dans un livre (Je suis un risque de Marie-Philothée Mallais, aux éditions du Cerf) en espérant que cela aiderait d’autres victimes et leur entourage. Il faut parler, dire, expliquer, casser le mur des secrets et des mensonges, car « la vérité vous rendra libre » (Jn 8,32)

Marie-Philothée MALLAIS

Tu pourras toujours compter sur la famille

famille

« Si un jour tout s’écroule autour de toi et que tu n’as plus d’espoir, il y a une chose sur laquelle tu pourras toujours compter, c’est la famille. » Cette phrase qui se voulait structurante et rassurante a finalement signé mon engagement au silence, mon mutisme pendant 10 ans sur ce traumatisme qui dura quatre années, et dont les plaies brulent encore aujourd’hui, 20 ans après.
Cet oncle, admiré de tous pour ses engagements au service des autres, son sens des responsabilités, sa gestion des réunions de famille et son poste à la direction d’une grosse entreprise, m’a dévoilé sa face cachée, manipulatrice, parvenant sans difficulté à faire de moi sa proie, son objet de jouissance, encore et encore.
Il aura fallu puiser une énergie au plus profond de mon être pour grandir avec ces blessures, et découvrir l’Autre dans sa différence, apprendre à apprivoiser son regard sur moi, ses gestes facilement mal interprétables, à redonner peu à peu ma confiance aux hommes d’une façon générale, à vivre avec ces cauchemars qui persistent toujours… Et aujourd’hui, ces questions « Qu’est-ce que je transmets, malgré moi, de ce que j’ai vécu à mes enfants ? », « Comment protéger les miens pour que, jamais, ils ne soient victimes ? » Je fais confiance au temps et au un long travail thérapeutique entamé depuis plusieurs années pour que la colère, véritable volcan en moi, s’apaise et me permette, un jour, de refermer le livre sombre de ce traumatisme.

Charlotte

J’ai perdu en l’espace d’une heure, l’enfance, l’innocence et la foi.

L’écorce du vieux cèdre râpe ma joue droite et sa brûlure me ramène à la vie. J’ai grimpé sans le savoir tout en haut, La septième branche est devenue mon refuge. C’est une des plus hautes, la dernière qui puisse supporter mon poids en pliant sans casser. Les autres sont fragiles, souples ; celle-ci, par une singularité de la nature, est incurvée vers le bas à sa base, près du tronc. Cela lui donne un air de fauteuil, de trône même, modelé pour moi et cette attention particulière dont je suis seule à posséder le secret nous unit dans une complicité aussi mystérieuse que singulière.
C’est un arbre majestueux, un cèdre du Liban, planté au siècle dernier dans une allée qui conduit à la demeure. Il est beau mais ils le sont tous, chacun différent, chacun semblable à l’autre à la fois. Mais lui, le quatrième, le vieux cèdre est particulier. En cette fin d’après midi, il joue de ses branches lentement comme un bercement, comme pour me consoler, donnant à mon cœur meurtri l’espérance d’une vie autre. Il sera à partir de ce jour là l’unique confident de mon malheur, de ce cri muet qui gronde en moi après avoir perdu, en l’espace d’une heure, l’enfance, l’innocence et la foi.

Véronique

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